Rimes


29

Jui

2006

Harem PDF Imprimer Envoyer
Ecriture - Rimes
Écrit par Isabelle   

Petite fille au miroir
Qui souriait au vent
Tu as quitté la balançoire
Elle se balance tristement

A cloche-pied dans le couloir
Tu es entrée en chantant
A cessé ta comptine dérisoire
Devant le sérieux des parents

Larmes dans un mouchoir
Main du père sur l’argent
Livrée sans un retard
Au harem du Sultan

Femmes en peignoir
Eunuques en turban
Enfant sans espoir
Te voilà au couvent

Prépare tes accessoires
Apprends les onguents
Si vient le grand soir
Avec ton seul amant

Oublie le désespoir
Derrière les paravents
Efface de ta mémoire
Tout désir innocent

Concubine du hasard
Donne-lui des enfants
Seule échappatoire
Au mépris latent

Garde-toi bien de croire
A ton salut imminent
La guerre vient de choir
Sur tes bras maternants

Pour tes fils sois barbare
Leur venue à un rang
Ils sont le cauchemar
Des autres prétendants

Un seul ceindra la gloire
Et le titre de sultan
L’aîné pour s’asseoir
Tuera les moins grands

Un fils tu peux vouloir
Victime ou tyran
Aux autres l’étrangloir
Qu’on ne verse pas leur sang
Vieille femme au miroir

Qui souriait au vent
Tu t’es drapée de noir
Et balances tristement

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Mise à jour le Vendredi, 16 Octobre 2009 14:36
 

17

Nov

2005

Le fichu de ma grand-mère PDF Imprimer Envoyer
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Ecriture - Rimes
Écrit par Isabelle   
début de siècle

Son fichu à fleurs détaché
Elle sue en battant le beurre
Les sabots et le front tachés
Marie abat son labeur

Le chat l’observe, assis
Il jette un œil distrait
Mais guette insoumis
Chaque goutte de lait

Au loin le bruit des vaches
Le père revient des champs
Dans la carriole sous la bâche
Le foin mouillé s’étend

Encore une soupe à cuire
Le cheval à panser
Le poêle à remplir
Les enfants à coucher

Plus un bruit dans la cour
Les animaux sont nourris
Enfin la tombée du jour
Quelques heures de répit

Le père est debout dans le noir
Sous la casquette les yeux bleus
Fixent les ombres sans les voir
Encore une bouffée ou deux

Marie veut qu’il fume dehors
C’est la place du fermier
Tout le jour depuis l’aurore
Quand apparaît le lapin dans le pré

Ils s’aimaient déjà avant guerre
Les enfants sont venus après
Quatre, Marie s’en souvient
Mais seuls trois sont couchés

De la fratrie il était le deuxième
Le philatéliste, l’intellectuel,
A la mort de l’héritier, la ferme
Le destin était sans appel

Marie dans une barque sourie
Robe fine et joli fichu
Son frère la photographie
Elle étend son pied nu

Ernest rentre dans la chaleur
Épuisé, le visage fermé
La soupe répand son odeur
Marie sert le dîner

Le temps, les enfants, les champs
Silencieux sous l’angélus
Ils ne s’écoutent plus vraiment
Bien sûr la passion s’use

Dans les yeux passent des nuages
Dans les mains, des pinceaux,
Des lectures, des voyages
Dans le froid vieillit le piano

Mise à jour le Vendredi, 16 Octobre 2009 14:36
 

27

Sep

2005

Enfants de Létô PDF Imprimer Envoyer
Ecriture - Rimes
Écrit par Isabelle   
Léto

Il a passé le premier
Entre les cuisses, l’étau
Elle est venue après
Exangue, tu gis, Léto

Bannie par la fidèle
Tu cours le monde
Coupable et belle
Ta taille est ronde

A tes premiers chants
Apollon sourit déjà
Son oreille entend
Ta vendetta

A tes premières caresses
Artémis sourit aux muses
Dans ses bras de déesse
Elle couve une buse

Transis, isolés, heureux
Sur cette terre nue
Délos, île du milieu
Toute honte bue

Jumeaux à la tête dorée
Sur vos lèvres plane un charme
Un poison tout plein de lait
Et dans votre main, une arme

Enfants de la revanche
Dans l’ombre vous grandissez
Tandis que Léto penche
Le destin de votre côté.

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Mise à jour le Vendredi, 16 Octobre 2009 14:40
 

05

Sep

2005

Balade dans un cimetière PDF Imprimer Envoyer
Ecriture - Rimes
Écrit par Isabelle   

Un carreau s’est cassé
Il est tombé, pendu
Il n’a pas été ramassé
Personne n’est venu

Les fleurs en pot ont fané
La bruyère a roussi
En poussière s’en est allée
Par le vent, bannie

Dans l’édicule de verre
Entre l’huile et la bougie
Un portrait très fier
A l’éclat défraîchi

Sur la pierre polie
Des feuilles s’amoncellent
S’écrasent les fruits
Picorés par les tourterelles

Peu de temps a passé
Beaucoup pour ceux qui demeurent
Depuis qu’ils ont oublié
Ta tombe comme un leurre

Dans cet écrin aux angles droits
Lentement pourri ton corps
Tes vers sont à l’étroit
Ils prolongent le festin de ta mort.

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05

Sep

2005

Odalisque immobile PDF Imprimer Envoyer
Ecriture - Rimes
Écrit par Isabelle   

Dans l’écrin, étalée
Brillante comme un rubis
Elle reposait, alanguie
Vêtue d’un lourd collier

Odalisque, Diane de Poitiers
Nu couché de Goya
Femme dissolue de Mucha
Elle était toutes et une beautés

Dans la cascade de ses cheveux
Une perle repue de lumière
Dessinait peu à peu
Le long du cou une rivière

A ses seins ronds et blancs
Elle avait porté une main
Des doigts vernis, étincelants
Qui tenaient fermement les amants

Il était parti sans payer
Le dernier soupirant
Et laissé, imprudent
Dans le sang une traînée

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Mise à jour le Vendredi, 16 Octobre 2009 14:46
 
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