La mort a fauché les compagnons Les herbes peignées par les farfadets Devenues rouges se faneront Chassés par le vent d’été
L’homme est seul sur la charrette Les autres se sont gardés des fers Mais il ne baisse pas la tête Sous les jets de pierres
Là sur la place les corbeaux picorent Perchés sur les épaules Des yeux désormais inutiles Billes perdues des enfants malchanceux
Ils ne verront pas ta compagne livrée aux soldats Par des mains ennemies déchirée, avilie Abandonnée ruisselante, salie Dans le fossé où l’aube rougeoit
Maudits votre ordre moral malsain Femme et marmots sales et bruyants Laissés sans regrets du soir au matin Pour chasser voleurs et malandrins
Quand vos escarcelles percées Des biens d’autrui se remplissent Chiens fidèles vous apparaissez Loups, vénaux déguisés en pelisse
Les hommes de loi bedonnant regardent Le bourreau en robe écarlate En roi prêchant sur son estrade Et sur la foule disparate
Cancrelats d’enfants Admiration de pucelles Ironie des hommes mûrs Regards ignorants des vieilles
Pauvres et malandrins Vous refusez le collier car la longe Est une prison de main Jusqu’à la liberté jamais ne s’allonge
Prenez garde à cette vie qui germe Sous la potence Dans son corps Comme une jouvence
Cette graine de bandit Semée une veille de campagne Fruit et fleur de la révolte Noire est la mandragore
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